Motivations, compétences et rêves

pour des éco-voisinages solidaires inter-âges…

…en tout genre : soyons créatifs et adaptatifs.
En cas de perte d’autonomie de personnes âgées, le dilemme se réduit presque toujours à « EHPAD »* / maintien à domicile.
On oublie (comme souvent) la troisième voie…
les infinies troisièmes voies !

Constats, émotions, idées…

passage 23-4-16

Je compatis quand je vois tant de personnes âgées se retrouver malgré elles en institution, notamment EHPAD*, rarement épatant. Une mauvaise chute ou autre accident de la vie y mène trop facilement, comme un automatisme. Si rester chez soi devient trop problématique, c’est « le placement ». Et s’il existait une troisième voie, multiple, à inventer au cas par cas ?

Je vous remercie d’avance pour vos commentaires (ci-dessous  ou par tout autre canal) – ressentis, suggestions, informations, critiques, etc.

On oublie même ou on ignore qu’il existe le placement en famille d’accueil pour personnes âgées dépendantes, beaucoup plus chaleureux en général que l’EHPAD*. Certes les EHPAD font beaucoup d’efforts pour s’humaniser, mais leur principe fondateur rend très difficile une approche individualisée du bien-être et du respect.

Un bel exemple d’éco-habitat intergénérationnel improvisé est imaginé par Barbara Constantine dans le petit roman Et puis Paulette…. Une colocation hors normes est évoquée par Anna Gavalda dans son long roman à succès Ensemble, c’est tout (voir en bas de page).

Échapper aux schémas institutionnels, cela demande souvent d’anticiper. Et l’anticipation suscite force réticences !

Prenons un exemple : une personne ou un couple vit dans une grande maison et craint de devoir la quitter en cas de perte d’autonomie. Mais partager la maison, c’est impossible, il n’y a qu’une cuisine, etc., « et puis nous avons nos habitudes ».

De façon un peu crue, voici le dilemme :

  • soit vous réorganisez toute la maison, vous faites des travaux (des aides sont disponibles pour l’amélioration de l’habitat, l’ergonomie, les économies d’énergie…), vous gardez le rez-de-chaussé et le rendez facilement accessible même en cas de mobilité réduite, vous en profitez pour améliorer la performance énergétique de la maison (alléger les factures et augmenter le confort, et comme dit Cassandre, qui sait si on aura encore de quoi se chauffer en cas de crise énergétique majeure pas improbable)
    • vous faites donc le deuil d’une partie de vos habitudes, mais vous restez chez vous, peut-être bien jusqu’à la fin (au vu des nouvelles dispositions légales diminuant les risques d’hospitalisation « forcée »)
  • soit vous risquez de faire le deuil de toute la maison, son cadre et son entourage, de tout votre mode de vie, de votre liberté et j’en passe.

volute extrait petit carré

Alors inventons des métamorphoses de lieux de vie… transformons les grandes maisons, les grands appartements en co-habitats. Les pièces libérées peuvent être louées à des plus ou moins jeunes, ou concédées « au pair » : logement contre services, au cas par cas (simple présence / compagnie / services …)

Il serait utile de construire un partenariat avec des organismes d’aide à l’amélioration de l’habitat pour financer les travaux. On peut aussi instituer un viager social (éliminant les travers du viager privé, où le risque est que l’acheteur souhaite la mort rapide des propriétaires). Dans l’idéal, une collectivité territoriale pourrait accueillir et adopter ce projet pionnier et bénéficier de dérogations le cas échéant pour inventer un mode de vie soutenable demain quand la crise énergétique et systémique aura balayé notre société de gaspillage.

Voici un second exemple : dans un hameau, un village ou un quartier, plusieurs personnes sont complémentaires sans le savoir. Des personnes au chômage partiel ou total et pleines de bonne volonté, des personnes âgées isolées, des familles… s’ouvrent à la solidarité entre voisins. Si ces gens se mettent en lien, ils vont sortir de l’isolement, retrouver du dynamisme, se rendre des services, etc. Un éco-voisinage solidaire !

Et bien sûr, la colocation sous diverses formes… On peut s’inspirer du partage de jardins, de « un toit deux générations » (« kangourou » en Belgique), etc.

Souplesse, créativité, adaptation, évolution et confiance !

AnAm jaillissement printemps 2016 av-aq

Un accompagnement par un tiers peut s’avérer utile voire nécessaire, parce que les langages, les cultures et les habitudes sont peu compatibles entre eux de prime abord. De plus, la coopération (vitale dans tout écosystème) a été fortement minée par la société de consommation, et notre créativité a été plus ou moins bridée.

Mes aspirations et mes compétences

Je m’imagine accompagnant plusieurs de ces reconversions-métamorphoses et assurant aussi le suivi (je suis mobile !). Chaque fois que j’en parle, on me cite un exemple qui me conforte…

Formée à la médiation, à l’animation de démarches participatives et de dépassement des situations conflictuelles, je suis aussi très créative, et très expérimentée dans la stimulation de la créativité collective. Ensemble on est plus intelligents… des techniques relativement simples permettent de révéler cette intelligence du groupe, en commençant par mettre au jour les décalages entre la réalité (dont nous sommes co-responsables) et ce que tout le monde souhaite.

AnAm tourbillon 23-4-16Mes rêves

Je rêve de vivre moi-même dans un lieu (voir § suivant) très intergénérationnel où des personnes en fin de vie qui ne veulent ou ne peuvent ni rester chez elles ni aller en institution seraient les bienvenues, de même que des personnes en grande difficulté lors d’une maladie, des migrants, etc. Les enfants aussi, pour apprendre à l’école de la vie. D’ailleurs les tout petits et les tout vieux (ou vieux désorientés) sont souvent tellement heureux ensemble ! Ce lieu serait bien sûr interculturel. Nos différences sont nos richesses. Nous aurons aussi besoin de points communs, à nous de trouver le juste milieu, toujours évolutif et selon le nombre de personnes concernées (évolutif aussi).

✾ Un « lieu », ce peut être…

  • un habitat partagé ou groupé,
  • un voisinage solidaire,
  • et toute autre formule
  • en milieu urbain, péri-urbain, semi-rural, rural…

Les bases qui me semblent importantes :

  • une approche écologique de la vie quotidienne,
    • nous menant de plus en plus vers la soutenabilité, la sobriété heureuse, la cohérence ;
    • nous reconnectant à l’essentiel et à notre être profond, grâce au contact accru avec la terre et le vivant (jardinage, cueillettes, sorties en nature, observation, soins aux animaux domestiques… toutes ces activités ont prouvé dans mains contextes leur efficacité pour l’équilibre mental et physique) ;
    • avec une hygiène de vie croissante sans aucun dogmatisme, simplement par l’information pluraliste, le partage, l’exemple et l’émulation du collectif.
    • Appliquer l’éthique de la permaculture :dessin-pour-Lila
  • la conscience que notre mode de vie actuel n’est pas viable, et que par conséquent, notre société occidentale peut s’effondrer d’un moment à l’autre (de plus en plus de chercheurs affirment que c’est pour la prochaine décennie, lire une introduction) ;
  • des écrits évolutifs : une charte brève et des règles simples auxquelles se référer, et des temps de concertation réguliers pour faire le point avant que ça ne coince trop ;
  • des méthodes de réunion et de prise de décision dynamiques, efficaces et motivantes (adieu « réunionite », hiérarchie et autres schémas du passé) : la sociocratie, l’approche « nouveau paradigme » (cesser de vouloir contrôler, maîtriser ; faire avec la vie, comme en permaculture) et leurs corollaires.
  • la conscience que vivre ensemble s’apprend, et qu’il faut désapprendre l’individualisme dont nous a abreuvés la société de consommation ; que les difficultés face à autrui sont autant de miroirs de soi-même, autant d’occasions de grandir intérieurement, de s’alléger de ce qui entrave, de cheminer vers son être authentique ; la conscience que les conflits font partie de la vie et sont souvent « des pépites de désaccord dans une gangue de malentendus » (Patrick Viveret) ;
  • le partage de temps de parole, de silence, d’écoute, de partage, de contemplation, de création artistique…
  • l’ouverture sur l’environnement au sens large : humain, naturel, culturel, économique… parce que nos différences sont nos richesses.

La monnaie libre est un outil précieux pour réaliser ces rêves ! bandeau_FB
Voici quelques aspects non exhaustifs de son potentiel :

  • chaque personne inscrite comme co-créatrice de monnaie libre perçoit son dividende universel journalier et l’utilise à son gré.
  • la monnaie libre permet d’ores et déjà de se procurer des aliments sains et frais, divers objets et de menus services (non professionnels)
  • la monnaie libre permettra à terme d’acheter des prestations professionnelles
  • les personnes âgées peuvent par exemple rétribuer des personnes
    • qui leur font des courses, des commissions et autres démarches
    • qui font de la lecture ou de l’écriture pour elles, ou les aident à enregistrer leurs mémoires, à communiquer par internet (visio-conférence), à gérer leur compte en monnaie libre…
    • qui les aident à s’occuper de leurs animaux, etc.
    • qui les emmènent pour les sorties qu’elles ont choisies (et RV médicaux…)
    • 2-petits-dessins-mai-juin-16-e1523026687311.jpgVoire, qui les aident à se débarrasser de ce dont elles n’ont plus besoin (tri, vente en monnaie libre ou €, don, troc, mutualisation, transformation, recyclage et poubelle — si j’ai oublié une option je lirai avec plaisir votre commentaire ci-dessous).
      • D’où d’éventuelles ressources supplémentaires (vente, troc).
      • Et du lâcher prise, très utile au bien vieillir (moins d’avoir, plus d’être, s’alléger en vue du grand départ).
  • les personnes âgées encore relativement lucides et / ou valides peuvent
    • s’occuper d’enfants (sans obligation et selon leurs motivations !),
    • tricoter, crocheter, coudre, raccommoder, bricoler, réparer, etc.
    • cuisiner,
    • assurer une présence,
    • transmettre leurs savoir faire, leurs connaissances…

      • de façon formelle ou non, aux enfants et aux adultes
      • cf. les associations L’Outil en Main, par exemple à Angers
      • par écrit et par d’autres moyens d’expression, dont artistiques
  • la monnaie libre peut être simplement le vecteur de la mise en lien, et les échanges qui s’ensuivront ne seront pas forcément comptabilisés !
  • la monnaie libre peut aussi rétribuer les services d’un tiers qui accompagne le processus en transmettant la bienveillance active par la pratique… et qui aide à extraire la pépite en cas de conflit (cf. supra).
  • Nota bene. La plupart de ces aspects ne sont pas propres à la monnaie libre, simplement cet outil révèle et augmente les ressources et facilite grandement leur circulation. Cela donne une autre dimension aux liens et aux échanges.AnAm 2015 tout est possibleAnAm 2015 tout est possiblebien vieillir, vivre, mourir
Romans mentionnés :
Barbara Constantine, Et puis, Paulette…, 2012, Calmann-Levy et Le Livre de poche, 2013, Prix Marguerite-Audoux 2013, « Choix des libraires » 2013. Facile à trouver (ou faire commander) en médiathèque et librairie ! Voire en bouquinerie. Un régal. Une aventure collective sur un ton très vivant, enjoué, tendre.
Anna Gavalda, Ensemble, c’est tout. Paris : le Dilettante, 2004, et « J’ai lu » n° 8252, 2006. Très facile à trouver. Palpitant.
* EHPAD : Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Maison de retraite plus ou moins médicalisée.
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